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Descente au fond du gouffre Berger

2015-08-13

Samedi 1er août, Charly et Anthony, vendeurs à Expé Montpellier, atteignent le fond du mythique Gouffre Berger à -1122m après plus de 18h d'efforts !

Descente au fond du gouffre Berger
Descente au fond du gouffre Berger

Les cloches de l'église sonnent, il est 19h en ce samedi 1er août, fin d'une journée de travail à Expé Montpellier. On ferme le rideau, la caisse est faite en vitesse, et d'un coup de moto, on se retrouve chez moi.

On mange un bout, dernier check-up avant le départ :
Combinaisons Luire, chaussons néoprène, Canyoneers, baudriers, descendeurs, poignées, crolls, longes, tops, couteaux, casques, lampes Scurion, accus en rab, couvertures de survie, bouffe lyophilisée, réchaud, collants en mérinos, tapis de sol, barres de céréales, lampes de secours, de l'eau beaucoup d'eau...

20h30, on part direction Grenoble, personne sur la route, un vrai bonheur. On avait peur pour début août, Bison Futé s'est planté et ce n'est pas plus mal !

Juste avant Grenoble on monte dans les montagnes, enfin les routes sinueuses, le paysage change, on ne voit pas grand chose mais on y est presque.

Arrivée au camping personne à l’accueil, tout le monde dort, il est 1h30. On se pose dans le camion et on essaye de dormir comme on peut, l’excitation n'arrange pas les choses.

Réveil difficile à 7h, petit déjeuné rapidement avalé, on récupère les instructions à l’accueil pour aller sous terre, on signe le cahier de présence et hop: direction le Gouffre Berger, une petite demie heure de route, une bonne marche d'approche matinale d'une heure en sous bois nous attend.

9h30 à l'entrée du trou, on signe une dernière fois le cahier de présence et on s'engouffre dans les profondeurs de la terre; la température change radicalement et annonce une journée de pure spéléologie.

Ça ne paye pas de mine au début, une petite main courante, et on commence les rappels, petits au début puis rapidement plus sympathiques, P8, P28, R10, R8, P25, jusqu’à arriver sur le méandre long et étroit, on progresse en opposition, une fois à droite, une fois à gauche, bref on fait au mieux. Des troncs d'arbres sont posés pour faciliter la progression mais ils n'inspirent pas confiance quand on pose les pieds dessus. Enfin on retombe sur des puits avec le fameux P41. 

A moins 236 m, on trouve la rivière que l'on va suivre jusqu'au fond du gouffre. La galerie est immense, on progresse à présent entre les blocs, à passer d'un coté à l'autre de la rivière, sur de l’argile blanche, très glissante mais très photogénique.

Nous voilà dans la salle des grands éboulis, on a du mal à éclairer le plafond de la galerie malgré nos lampes braquées dessus, on se croirait dehors, dans une nuit sans lune.

Après encore quelques mètres, on découvre le camp de base et la "salle des 13", des tentes, des tapis de sol, de quoi se poser et surtout une superbe vue sur les gours en contre bas. Malheureusement pour nous ils sont tous à sec! Un peu moins sympa mais déjà grandiose. On se remémore de la descente du gouffre à l'époque, une bougie sur la tête et un anneau métallique en guise de descendeur. 

Salle des 13, gouffre Berger

Encore quelques rappels et on arrive rapidement à la partie dite" la plus engagée" de la cavité. Des panneaux sont là pour nous le rappeler!

-600 : "Le vagin", concrétion atypique et immanquable, elle crache de l'eau en continu qui vient d'on ne sait où.

Le Vagin, gouffre Berger

Seul passage bas de la cavité, qui nous fait éviter un petit siphon, on rentre dans l'actif, des mains courantes au-dessus de l'eau, très sympa, on fait tout pour ne pas se mouiller quitte à tirer un peu sur les bras.
Premier groupe que l'on double, des espagnols avec deux jeunes de 14 et 17 ans, en tout 6 personnes, voilà le bouchon!

Cascade, Gouffre Berger

Toujours pas de pose repas pour nous, on avance vers les rappels guidés. C'est la partie du canyon qui est de loin la plus sympa. C'est comme en extérieur, avec la chaleur du soleil en moins. De superbes cascades, des grands gours et on arrive sur "l'ouragan" (-952 m), une chute d'eau de 40 mètres qui s'éclate sur les galets dans un fracas étourdissant, en bas, un vent fou à décorner un bœuf, on se retrouve dans un brouillard, les embruns sont omniprésents. 

L'Ouragan, Gouffre Berger

A quelques mètres se trouve l’affluent avec un beau lac bien alimenté, on est à moins 1000 m!

Une petite photo et on se remotive: objectif -1122 mètres. Jusque là on est plus ou moins sec, la rivière se rétrécit, on progresse en grand écart au-dessus de l'eau, et là, mon pied glisse. Je me retrouve avec de l'eau jusqu'au cou, brrr elle n'est pas chaude!

On accélère le pas, jusqu’aux vestiges laissés par les plongeurs spéléo, 4 bouteilles, des palmes et un fil d’Ariane. 100 mètres plus loin, le siphon, un lac tout en longueur, très clair et qui s'engouffre dans la terre. Objectif atteint!!! -1122 mètres. Il ne reste plus qu'à tout remonter...

Tout va bien jusqu'au puits de l’ouragan où des groupes croisés plus tôt nous bloquent le chemin. C'est alors que commence une attente interminable dans le froid et les embruns. On remonte enfin, on croise d'autres groupes sur les rappels guidés, les personnes galèrent... c'est très long d'attendre mouillé jusqu'à la salle des 13.

Enfin, grosse pose, on mange un plat chaud, on s'enroule dans nos couvertures de survie, et on se dit qu'il nous reste encore du chemin jusqu’à la sortie. Il est 20h.

N'oublions pas notre Bonne Action, remonter en surface un sac de déchets laissés au fond par d'autres spéléos (plastiques, boites de conserves, bouts de cordes....) et il y en a un paquet des déchets dans la cavité. On se motive à repartir, un groupe de croates vient d'arriver de la surface et ça devient bruyant. Le ventre plein, donc, on s'attaque aux éboulis, bien glissants et mine de rien la fatigue se fait ressentir. Après quelques chutes, sur le sol glaiseux, on quitte enfin la rivière et commence alors la partie de remontée sur corde.

Équipées en double, c'est plus sympa de remonter côte à côte, pour le mental c'est quand même mieux et c'est surtout beaucoup plus rapide. On avait oublié le méandre, interminable méandre, les sacs se bloquent, nous entraînent en arrière, en avant, la progression est très lente. C'est sans fin et épuisant.

Une pause pour finir le peu d'eau qui nous reste et reprendre notre souffle. Ha oui, l'eau n'est pas potable dans la cavité à cause des troupeaux au-dessus et des spéléo qui sont aussi passés par là, et manque de bol nous n'avons pas pris de Micropur.

Après encore quelques efforts, et quelques heures, on arrive enfin à la sortie, il est 1h30 du matin. On est heureux mais fracassé. Petite paraphe dans le journal de la cavité pour indiquer que l'on est bien sorti et il reste encore la marche retour jusqu’à la voiture qui est aussi interminable. Heureusement, un balisage réfléchissant posé par les organisateurs est là pour nous guider, vraiment très sympa. On avance machinalement jusqu’au parking. On se change rapidement et on s'effondre à l’arrière du camion avant de tomber dans les bras de Morphée...

Réveil douloureux, tous nos muscles sont endoloris, le moindre mouvement est une épreuve. Petit dej copieux sur le parking d'une station de ski, on fait sécher les affaires, on dépose le sac de déchet au camping, et direction Montpellier.

Bison Futé dans le mille. Une vraie galère pour rentrer, des bouchons de partout !!!
Le seul impératif, être rentré pour ouvrir le magasin mardi matin.

Le matos qui part en expé, il faut le tester pour bien vous conseiller !

© Photos Charly Leblet, Gecko Photographe.

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